La chapelle de Bethléem

A l’aube du III° siècle avant J.C., l’influence des Celtes s’étend de l’Europe Centrale jusqu’aux confins de la Gaule. Les gaulois sont païens et adorent un grand nombre de dieux. Leurs prêtres, les druides, sont à la fois savants et devins. Leurs attributions concernent les croyances, la justice et un enseignement exclusivement oral. Parce qu’il jaillissait en ce lieu une source vive, cette terre de Bétélian fut un site sacré, et pour l’honorer, les druides y célébreront les « feux de Beltane » qui, comme l’eau, symbolisent la vie et la fécondité.


Son origine :

Une charte de 1163 du pape Alexandre III confirme la fondation de l’abbaye de la Madeleine de Geneston (située également en Loire-Atlantique) et des biens dont elle dispose. Il y est ainsi fait mention de sancti Johanni de Boisel (Saint Jean de Boiseau), de son église et des droits sur quelques terres voisines. Un premier édifice y fut érigé sur l’une d’elles au cours du XII° siècle par la famille Goya qui deviendra Gohaud puis Goheau. Le lieu où il fut construit était une combe qui abritait une fontaine naturelle (une source vive jaillissait de cet endroit). Appelée Bétélian, cette terre, nous vous l’avons dit, était considérée comme un lieu sacré.

Un des derniers représentants de cette famille, Jehan (abbé de Geneston depuis 1483 et décédé en 1509) christianisa le nom du lieu qui devint ainsi Bethléem et agrandit sur le terrain offert par ses ancêtres ce premier édifice où ses armes figurent au double titre de fondateur et de supérieur

Sa construction :

Cet édifice de style gothique flamboyant est également lié à l’évêque nantais Pierre du Chaffault, conseiller du duc François II de Montfort. Construit par les artisans du château ducal et de la cathédrale de Nantes durant la guerre Franco-Bretonne, il est donc très caractéristique de l’ouest de la Bretagne. Sa construction se poursuivra sous le règne de la fille du duc : Anne de Bretagne qui fut deux fois reine de France. Au-dessus de l’ancienne fontaine, les tiges d’une gerbe de fleurs s’enfilent sous une couronne ducale, symbole de l’attachement des fidèles à leur duchesse. Cette sculpture est toujours parfaitement visible et en excellent état de conservation.

Les murs sont soutenus par des conterforts surmontés de pinacles sculptés. Lors de la restauration en 1994, il n’a pas été possible de reconstituer à l’identique ces pinacles. Le maître d’oeuvre, M. Jean-Louis Boistel, a proposé un programme iconographique, dans l’esprit des réalisations des sculpteurs du moyen-âge, accepté après coup par le Service Départemental Architecture et Patrimoine (M. Congard). Mais la représentation d’un personnage de fiction de la fin du XX° siècle sur l’un des pinacles a été très contesté.

A l’intérieur, trois voûtes sur croisées d’ogive départagent l’espace. Chacune des clés de voûte possède en décoration, son propre médaillon de pierre aux emblèmes différents.

* La première porte les armoiries « de fasce aux trois trèfles » de Jehan Goheau.

* La seconde montre le lion couronné accolé aux trèfles des Goheau et supportant une crosse épiscopale (emblème de Pierre du Chaffault).

* La troisième représente une petite chapelle. On suppose que cette dernière est là pour rappeler l’existence d’un ancien monument, très vraisemblablement sis à proximité immédiate et dont les pierres ont été réutilisées pour la construction de l’édifice actuel.