Des hâches polies


Dans notre commune assez riche en outillage néolithique, on trouve surtout des haches polies, quelques houes, de nombreuses pointes de flèches et un grand nombre de grattoirs, lames et autres burins ; les trois quarts sont en quartzite de Montbert.


Découvertes effectuées à St Jean :

A l’époque néolithique (de -5000 à -2000 avant J.C.) l’homme de nos régions passe du stade de cueilleur , chasseur itinérant à celui de sédentaire, éleveur, cultivateur, bûcheron etc.

Il fabrique de nombreux outils en pierre taillée et polie nécessaires à la culture (houes), à l’abattage des arbres (haches), aussi des pointes de flèches, grattoirs divers.

Les matériaux employés étaient, soit trouvés sur place (galets de silex), soit importés des régions de production. D’après les études effectuées sur ces différents outils on constate que :

5% sont en silex 5% en roches vertes dures (pyroxène éclogite) 20% en fibrolite 70% en roches basiques (dolérites et amphibolite)

Il est difficile de faire un inventaire pour les objets trouvés sur la commune de St Jean de Boiseau lors des deux cents dernières années, ils sont : soit perdus, soit conservés à l’abri par leurs propriétaires. Par contre sur les dernières décennies on a une idée assez précise des découvertes de haches polies à savoir :

- Le trait de la Cour (Landas) 1 houe en hornblende (vert très foncé) de 27 cm de long

- La Métairie des Landes 1 hache polie en dolérite

- Le Vieux Four 1 hache polie en hornblende 1 hache polie en dolérite 1 hache polie votive en pyroxène

- La Fenêtre 1 petite hache polie en dolérite

- Les Gras 1 petite hache polie en dolérite cassée longitudinalement

- Le Tertre 1 fragment de grande hache polie en silex couleur chocolat inconnue dans la région

Hache polie. Matière : Hornblande Trouvée à Saint Jean de Boiseau Lngueur : 9,5 cm Largeur : 4 cm

Haches polies A gauche en hornblende. A droite en dolérite Trouvée à Saint Jean de Boiseau en 1985

Hache polie votive. Matière : Jadéite Longueur : 5,5 cm Largeur : 3,5 cm Trouvée à Saint Jean de Boiseau en 1988

Suite à cet inventaire, ou peut raisonnablement penser que ces outils ont été perdus et disséminés sur la commune, sauf pour les 3 haches du Vieux-Four qui doivent sans doute leur localisation à un habitat ou une tombe néolithique (elles ont été découvertes dans un périmètre très restreint).

D’autres objets en dolérite ont été trouvés à Saint Jean de Boiseau : quelques affûtoirs, un lissoir destiné à lisser les peaux après tannage, un disque plat etc.

Cette roche, la dolérite provient de Plussulien dans le centre de la Bretagne, une carrière était exploitée sur ce site de - 4000 à -2000 avant J.C. On y fabriquait environ 5000 haches par an. C’est beaucoup et peu à la fois car pour faire une hache il fallait environ une journée mais il y avait 1 ou 2% de rendement, soit l’énorme perte de 98%. Il fallait partir d’un bloc de 10 kg pour obtenir un outil de quelques centaines de grammes. Cela paraît pour le moins surprenant, mais il faut savoir que c’est pendant la taille de l’ébauche, au début de l’opération, que se produisaient les ratages et les bris. Par la suite, une fois ce cap passé, la casse était très limitée.

La plupart des haches étaient exportées parfois semi-finies dans le grand ouest mais on en a trouvé dans toute la France, parfois même à l’étranger (Suisse, Hollande). La vallée de la Loire a été un des principaux axes de diffusion de la production de Plussulien.

Ces haches étaient emmanchées et fixées au manche par une gaine en bois de cerf ou bien par des ligatures en boyaux d’animaux.

Par rapport aux mêmes outils en fer, le rendement est des 2/3 sur des bois tendres, ce qui n’est pas si mal. Les petites haches votives percées dans la partie supérieure servaient de pendentif et devaient avoir une connotation religieuse.

De nombreuses haches polies de différents types ont été découvertes dans les communes voisines à Brains, Cheix, La Montagne.

Autrefois une croyance populaire attribuait aux haches polies le pouvoir d’éloigner la foudre, c’est pourquoi on en trouve souvent dans les fondations des vieux moulins.

La documentation sur la carrière de dolérite de Plussulien est extraite du livre "Préhistoire de la Bretagne" P.R. Giot - Jean l’Helgouach’ - J.L. Monnier. Editions Ouest-France