Edmond Bertreux, un peintre local


Fils de Jean Bertreux, lui-même peintre qui s’illustra notamment par ses oeuvres sur les travaux aux champs et sur la navigation en Loire, Edmond connut une notoriété plus importante que son père puisque sa popularité franchit allègrement les limites locales. Il est en effet connu comme l’un des plus grands peintres nantais contemporains.


Dans son petit village natal, aux portes de Nantes, il connaîtra très jeune l’activité fluviale de la Loire. Mais comme son père, il connaîtra également la vie rupestre puisque son grand-père maternel habitait toujours St Jean et y pratiquait, lorsqu’il avait fini sa journée de travail à Indret, des activités campagnardes pour "mettre un peu de beurre dans les épinards".

Très jeune, il sera pris par la passion de jeter sur le papier les visions qu’il avait eues dans la journée :

« Mes premiers jouets ont été des crayons de couleur, des petits pastels, des peintures à l’eau, tout ce qui me permettait de dessiner. J’avais quatre ou cinq ans. Rentré à la maison, je dessinais de mémoire, j’éprouvais ce besoin. Comme je n’avais pas de papier à dessin, je crayonnais sur des papiers de boucherie, des papiers jaune, couleur paille ».

A 11 ans, il quittera son village pour rejoindre la grande métropole qu’était Nantes. Ses parents aimeraient le voir devenir ingénieur. Lui, n’a pas ce désir et peu apte à combler les souhaits de ses parents entrera à 16 ans à l’école des Beaux-arts. Deux ans plus tard, il est reçu pour aller à l’école nationale des Beaux-Arts de Paris mais ... refuse d’y aller.

A 19 ans, une galerie nantaise expose 5 de ses pastels dont 3 de Saint Jean de Boiseau. Il entrera plus tard à la Préfecture mais cette activité ne lui convient que fort peu. Il se lève à quatre ou cinq heures du matin et ... peint avant de se rendre à son travail. La dimanche, il vient à St Jean voir sa grand-mère et réalise de nombreux croquis.

C’est à partir de 1935 (24 ans) qu’il commence vraiment à exposer tant à Nantes qu’à Paris au salon d’automne. Il obtiendra même une bourse d’une fondation américaine. Pendant la seconde guerre mondiale, il se réfugia à St Jean et y peignit quelques unes de ses plus belles toiles dont celle que nous reproduisons en début de page.

Toute sa carrière sera marquée par de nombreuses expositions tant à Nantes qu’à Paris, Cardiff, Sarrebrück, Toulon etc. Détenteur de plusieurs prix qui couronnèrent son oeuvre, il sera nommé trois ans avant sa mort Chevalier de l’Ordre National du Mérite.

Son oeuvre

Elle est d’une grande diversité mais s’est surtout attachée à représenter le quotidien de la vie dans ce qu’il avait de plus marquant à ses yeux. S’il peignit la cathédrale et le pont Transbordeur de la ville de Nantes, sa peinture fut beaucoup plus abondante dans les représentations de la vie du fleuve (port, bateaux à voile ou à vapeur, canots de pêche, toues etc.) ou dans les scènes de vie rupestre (travaux à la ferme, boeufs au labour, battage, coupe du bois etc.). C’est ainsi qu’il peignit énormément de toiles sur le village natal de son père : St Jean de Boiseau. Il exposa au salon d’automne de 1935 à 1938 et fit plusieurs expositions tant à Nantes qu’à Paris.

On a écrit de lui : « Il poursuivit son oeuvre solitaire sans se préoccuper des modes ou coteries. Il vivait dans le peuple de ses souvenirs, entre la Basse-Loire et le Pays de Retz, entre gens de la terre et gens de mer, deux mondes qui l’ont émerveillé ». Mais aussi : « Son sens aigu de l’observation, ses milliers de croquis pris sur le vif, son excellente mémoire visuelle font qu’il a atteint souvent la vérité la plus extrême. La description est minutieuse, rigoureuse, étonnamment juste. Ainsi, son oeuvre acquiert-elle une dimension ethnographique indiscutable ».