Le Général Félix-Marie Goureau

vendredi 11 mai 2012, par Jean-Yves Grollier



Félix Marie GOUREAU est un enfant du pays. Fils de GOUREAU Félix Jean et de HAMONEAU Victoire, il est né le 28 avril 1867 à Indre suivant l’état-civil et pour être plus précis, à Indret dans la maison de son grand-père maternel HAMONEAU Simon Pierre qui était contremaître dans l’usine impériale. Son père âgé de 25 ans est employé comme chaudronnier dans le même établissement.

Toute son enfance se passera dans la région mais très vite, il n’a pas encore 19 ans, il s’engage comme volontaire le 22 avril 1886 et rentre à l’école spéciale militaire dès la même année. Il y gagnera en moins d’un an ses galons de caporal et de sergent. Lors de sa sortie que l’on peut qualifier de brillante puisqu’il est classé 13ème sur 406, en octobre 1888, on le retrouve sous-lieutenant dans un régiment de tirailleurs algériens. Au gré des diverses affectations il gravira les différents grades que doit gagner tout officier mais il ne sera que lieutenant lorsque, le prestige de l’uniforme aidant peut-être, il prendra pour épouse Clothilde, Augustine CHAUMONT. Il se remariera en mai 1916 avec une demoiselle HAMONEAU (même nom que sa mère) juste avant de pouvoir arborer ses galons de colonel.

La première guerre mondiale qui fit tant de ravages était déjà bien avancée et lui avait permis de mettre en avant ses qualités d’officier. Ce sera pour lui l’occasion de se distinguer et de gagner un certain nombre de citations et de distinctions, mais cela ne sera pas hélas sans souffrances. Il fut en effet un des premiers blessés de cette période douloureuse. Septembre 1914 le verra recevoir une balle dans la mâchoire, ce qui lui vaudra d’être nommé Chevalier de la Légion d’Honneur pour avoir « conduit avec un courage et une énergie remarquable son régiment à l’assaut des tranchées ennemies ».Ce ne sera, hélas, pas la seule blessure qu’il aura. Les mois de septembre lui sont malheureusement funestes, septembre 1916 et septembre 1917 lui vaudront de connaître d’autres douleurs, les éclats d’obus ne l’auront pas épargné. Cette troisième blessure lui vaudra d’être nommé Commandeur de la Légion d’Honneur avec une citation particulièrement élogieuse, cette dernière étant la cinquième de sa carrière.

Avant la fin de la guerre il décrochera ses premières étoiles à titre temporaire et bien que général de brigade, commandera de suite par intérim la 4ème divison d’infanterie. La fin des hostilités le verra affecté à Sarrebourg. Il retournera alors en 1925 au Maroc, pays qu’il avait connu durant 10 mois en 1913 et 1914 comme commandant, et terminera sa carrière comme général de division en 1926 à l’Etat-Major général de l’Armée.

Devenu Grand Officier de la Légion d’Honneur en 1928, titulaire de la médaille coloniale agrafe vermeil Maroc 1925 et Commandeur de l’Ordre de l’étoile de Roumanie, cet officier qui « a fait preuve dans les nombreux combats et engagements auxquels il a participé de la plus belle énergie, d’un remarquable esprit d’initiative et de décision et d’un profond mépris du danger » et qui « a montré les plus belles qualités d’intelligence et d’énergie au cours des combats du 5 au 14 novembre 1916, où sous sa vigoureuse impulsion, la 80ème brigade a enlevé le village puissamment organisé et fortement défendu de Maillisel, fait 250 prisonniers dont 7 officiers et pris 7 mitrailleuses » s’éteindra, à près de 90 ans, en avril 1957 à Grandville.