Les colonnes infernales à Saint-Jean de
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jeudi 11 février 2021, par Carmela Pesquer


C’est le lieutenant colonel Martin qui dirige l’expédition sur Saint-Jean-de-Boiseau. Dès 5 heures du matin, l’œuvre de destruction commence. Sans doute désignées par quelques patriotes de la localité servant de guide aux soldats, onze maisons, peut-être treize, de la commune de Boiseau sont incendiées ainsi que le moulin Vieil (près du Surchaud). Il s’agit des habitations de rebelles. Les villages les plus touchés sont la Prunière et le Surchaud. Ces logements appartenaient
-  au Surchaud à Elie Drouet et Gabriel Naud, Michel Guérin, Pierre Bertin,
-  à la Prunière à Louis et Pierre Bertreux, Jean Lebreton et Julien et Maurice Prin
-  à la Télindière à Louis Thabard et Pierre Guchet.
-  Le curé Danghin, prêtre constitutionnel et juge de paix du canton, parviendra à convaincre le commandant Martin de préserver l’église et la chapelle de Bethléem en échange des vases sacrés et autres objets du culte de valeurs qui se trouvaient à la sacristie. Il usera d’un stratagème pour sauver le château du Pé, en faisant un grand brasier dans la cour afin de faire croire qu’il était déjà la proie des flammes. Vrai ou faux, il fut sauvé. Saint-Jean-de-Boiseau fut donc relativement épargné. Le pillage accompagne ces expéditions. Ainsi le lieutenant colonel Martin, commandant du château d’Aux récupère t-il pour son compte les vases sacrés pris dans les églises de Saint-Jean-de-Boiseau et du Pellerin. Le butin récupéré au pays de Retz afflue en masse à la Hibaudière. Tout ce qui est nécessaire en vivres et autres denrées pour la république transite en ce point qui se trouve bientôt saturé. Aussi le commandant réclame des bateaux au général Haxo, pour que le transport se fasse directement sur Nantes. Les communes changent de nom, Saint-Jean-de-Boiseau devient Jean-de-Boiseau, puis Boiseau. Le Pellerin devient Port Brutus etc... Il y a quelques mois, Alain Vénéreau, propriétaire d’une maison près de l’entrée du chemin piétonnier du Bois Bernard, à Saint-Jean-de-Boiseau, a dégagé les broussailles qui masquaient les ruines d’une des 3 ou 4 maisons incendiées dans ce village de La Prunière. Aujourd’hui outre celle dégagée, on sait où se trouvaient deux autres de ces maisons, mais la difficulté est d’identifier à qui elles appartenaient même si on a le nom des victimes de ces exactions qui sont : Louis et Pierre Bertreux, Julien et Maurice Prin et Jean Lebreton. Soit 5 personnes dont deux fois deux frères qui vivaient peut-être sous le même toit ? Une petite pancarte rappelle ce qui s’est déroulé en ce lieu le 10 septembre 1793.

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