Le théâtre : une histoire ancienne
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mardi 26 janvier 2021, par Carmela Pesquer


Ils veulent mettre sur scène, les deux derniers dimanches de carême le magnifique drame de Mgr Jouin, qui eut à Paris un si grand succès : la Passion de N.S. Nous ne saurions trop applaudir à cette intelligente initiative ; et nous félicitons le Cercle de Saint-Jean de nous préparer d’intéressantes soirées, en faisant revivre les scènes les plus dramatiques qu’ait vu l’humanité. Malgré la difficulté du sujet, nous ne doutons pas du résultat. La scène de Saint-Jean est vaste et se prête admirablement à ces grands spectacles. Nous croyons savoir qu’en vue de La Passion on brosse de nouveaux décors. Quant aux acteurs, ils ont fait leurs preuves. L’Echo de Paimboeuf a dit, il y a quelques semaines la façon magistrale dont ils ont interprété le beau drame d’Henri Bornier : La fille de Rolland.

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Et l’éloge n’était pas exagéré. Dans La Passion, ils seront à la hauteur de leurs rôles ; et ce ne seront pas seulement tous leurs amis de Saint-Jean qui iront les voir et les entendre, mais tous les amateurs de belles choses du Pellerin, de Brains, de la Montagne, et de plus loin peut-être ». Quelques semaines plus tard le même journal imprimait la lettre d’un témoin qui, visiblement, a été impressionné : « Le Mystère de la Passion La saison théâtrale qui, cette année, a été particulièrement brillante à St Jean s’est close le dimanche de Quasimodo par un vrai triomphe. Après nous avoir amusés au début de l’hiver avec les Boulinards, les jeunes gens du patronage avaient remporté un très beau succès dans le genre sérieux. Avec la Fille de Roland ils avaient su faire vibre en nos cœurs la note française et chrétienne, qu’un mois plus tard, sur la même scène, nos jeunes filles, avec un pareil succès, reprenaient sur un autre thème : Pour le Drapeau. Forts du succès obtenu appuyés sur la sympathie d’une assistance intelligente qui sait apprécier goûter et applaudir les belles choses, ils ont avec une confiance que certains auraient pu qualifier d’audace entrepris de donner la représentation de La Passion de Notre Seigneur. Entre tous les drames composés sur le grand sujet, ils avaient choisi l’un des plus beaux celui de Mgr Jouin. Leur audace fut récompensée. Aux trois séances, ils firent salle comble. On vint de loin les entendre, jusque de Sainte-Pazanne. Dans un cadre de décors splendides, merveilleusement appropriés, nous avons vu se renouveler sous nos yeux le repas de Cénacle, l’agonie au Jardin des Oliviers, la trahison de Judas, les scènes poignantes des tribunaux religieux et civils, la mort sur la croix. Et les situations étaient si bien comprises, les rôles rendus avec tant de vérité, qu’on croyait, sous les traits de nos jeunes gens et dans le timbre de leur voix, voir et entendre Jésus, et autour du Maître, la Vierge, Madeleine et Véronique ; Pierre, Jean, Judas et le collège apostolique ; Anne et Caïphe, Hérode et Pilate, Scribes et Anciens du Peuple, soldats romains et populace en fureur. Drame palpitant qui saisissait l’esprit et le cœur et qui fit couleur bien des larmes. Drame ininterrompu, car quand le rideau se baissât … et très expressives continuait de dire, en des chants dont la perfection fut très remarquée, les douleurs du Christ et les angoisses des âmes. Merci à nos jeunes gens et à nos jeunes filles, dont la collaboration nous a valu un si grandiose et si émouvant spectacle. Nous devinons tout ce qu’il a fallu d’intelligente activité et de persévérants efforts, d’exercices laborieux et de veilles prolongées pour arriver à un pareil résultat ; et nous voudrions que notre merci publié par l’Echo fût pour les acteurs et les organisateurs de ces fêtes un encouragement à nous donner d’autres belles et réconfortantes soirées. Serait-il indiscret, après une Passion si bien réussie de demander à nos artistes pour l’hiver prochain la représentation de la Nativité ? Un témoin ».

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